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Actualité

Réunion de février (2) au CDJ : 1 plainte partiellement fondée (21News) ; 1 plainte non fondée (RTBF (#Investigation))

Le Conseil de déontologie journalistique (CDJ) a rendu deux décisions sur plainte lors de sa seconde réunion de février. La première plainte, partiellement fondée, portait sur un défaut de responsabilité sociale dans un article en ligne de 21News qui reproduisait intégralement un discours du vice-président américain. La seconde plainte, déclarée non fondée à l’issue d’une demande en réexamen par le média – une première dans l’histoire du CDJ –, visait le processus d’enquête et le recours à une infiltration en caméra cachée dans un reportage d’« Investigation ».

La première plainte, déclarée non fondée (24-46 Cometsambre SA c. E. M. / RTBF (#Investigation)), visait une séquence d’« #Investigation » (RTBF) qui illustrait la problématique des maladies professionnelles par une infiltration en caméra cachée au sein de l’une des entreprises actives dans le broyage de métaux en Wallonie, Cometsambre. La partie plaignante – la société en question – regrettait, outre un parti pris systématique et un acharnement du journaliste à son encontre, une déviation thématique ainsi que l’usage abusif d’une caméra cachée. Soulignant un important et sérieux travail d’enquête, le CDJ a relevé qu’il ne pouvait être reproché au journaliste d’avoir d’une part creusé le lien potentiel entre l’activité professionnelle d’un ex-intérimaire chez Cometsambre et le développement de la maladie grave dont il déclarait souffrir, d’autre part d’avoir recouru à une méthode déloyale en organisant une infiltration au sein de l’usine, afin d’observer les conditions de travail d’un intérimaire. Le CDJ a par ailleurs rejeté les autres griefs relevés par la partie plaignante (honnêteté, omission d’information, scénarisation, droit de réplique…).

Cette décision annule et remplace la décision initiale du CDJ du 12 novembre 2025 qui avait constaté un manquement partiel à l’art. 3 (omission d’information) du Code de déontologie. Il s’agit de la première application du réexamen d’une décision du CDJ, qui repose sur la condition que « des éléments relatifs à la production journalistique ou à la pratique mise en cause par la plainte initiale, qui étaient alors inconnus et susceptibles d’entraîner une modification de la décision, lui sont présentés par une des parties dans l’année qui suit l’adoption de celle-ci » (art. 30 du Règlement de procédure).

La deuxième plainte, jugée partiellement fondée (25-19 X & Y c. 21News), concernait un article en ligne de 21News consistant en la retranscription intégrale du discours du vice-président des Etats-Unis, J. D. Vance, tenu à l’occasion de la Conférence de Munich sur la Sécurité en 2025. Les parties plaignantes reprochaient au média une rupture claire et nette du « cordon sanitaire médiatique », un défaut de contextualisation des propos tenus et l’omission de certaines informations. Le CDJ a considéré que l’article contrevenait à la déontologie et particulièrement à la responsabilité sociale qui lui incombe en tant que média d’information. Reconnaissant la liberté éditoriale du média de ne pas identifier l’auteur du discours ou le parti qu’il représente comme antidémocratique ou liberticide, le Conseil a cependant considéré qu’en relayant ces propos tels quels, 21News n’avait pas mis à profit le temps de contrôle dont il disposait entre le moment où le discours était prononcé et sa publication ni pour vérifier ou recouper les déclarations de la personne, ni pour les mettre en perspective, ni pour les rectifier. Il a noté que, ce faisant, le média avait laissé l’intéressé déployer ses éléments de langage et sa communication, sans distance et sans réaction, de telle sorte que tout ou partie du public pouvait considérer que plusieurs éléments avancés dans le discours – pourtant contredits par les faits ou racistes – étaient conformes à la réalité et légitimes, au risque de rendre le public hostile au fonctionnement des démocraties européennes ou d’inciter au racisme, à la discrimination, à la haine ou à la violence envers les migrants.

Début mars, 55 plaintes étaient en traitement au CDJ.

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tél: 02/280.25.14

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