Réunion de mars (2) au CDJ : 1 plainte non fondée (axelle magazine) et 1 plainte partiellement fondée (Le Soir)
Le Conseil de déontologie journalistique (CDJ) a rendu deux décisions sur plainte lors de sa seconde réunion de mars. La première, déclarée non fondée, concernait une question d’identification et de droit de réplique dans un article qui expliquait le phénomène de « gaslighting » sur la base de plusieurs témoignages. La deuxième plainte, déclarée partiellement fondée, visait un possible amalgame dans une Une qui liait deux faits distincts ayant eu lieu le même jour.
La première plainte, déclarée non fondée (25-20 X c. S. P. / axelle magazine), concernait un article d’axelle magazine qui éclairait et expliquait le phénomène du « gaslighting ». La partie plaignante déplorait une identification indirecte de certaines personnes mises en cause, sans que leur point de vue n’ait été sollicité avant diffusion. Elle reprochait également à l’article de s’appuyer uniquement sur des témoignages allant dans le sens d’une même version des faits. Le CDJ a retenu que les informations publiées – particulièrement les témoignages d’une des deux victimes – avaient fait l’objet d’une vérification approfondie, cinq autres sources corroborant les propos mis en cause. Il a également souligné que la journaliste avait pris soin d’user de prénoms d’emprunt pour éviter que ne soient reconnues tant les victimes de « gaslighting » que les personnes qui en étaient accusées, de sorte que les indications qui figuraient dans l’article à leur sujet n’étaient pas suffisantes pour les rendre reconnaissables, même endéans leur cercle de proches. Le Conseil a par conséquent considéré que le droit de réplique destiné à recueillir le point de vue avant diffusion des personnes mises en cause ne devait pas être sollicité.
La deuxième plainte, déclarée partiellement fondée (25-47 J. Truddaïu & R. Roland c. Le Soir), visait une Une du Soir qui, évoquant deux faits survenus le jour de la commémoration des 30 ans de la mort de Jean Gol – une manifestation tenue en marge d’une conférence organisée par le MR, ayant dégénéré, et la profanation anonyme, le même jour, de la tombe de l’homme politique –, parlait d’« hommage à Jean Gol profané ». Les parties plaignantes reprochaient au média d’avoir ainsi lié deux événements indépendants. Le CDJ a constaté qu’en accolant en Une, d’une part, une photo de la manifestation et, d’autre part, un titre évoquant un hommage « profané » à ce dernier, Le Soir avait amalgamé l’action de protestation politique à la profanation de la tombe qui avait eu lieu le matin-même, alors qu’aucun lien n’avait été établi entre les deux faits. Le Conseil a retenu que dans sa volonté – légitime – de jouer sur la polysémie d’un même mot, le média a omis de prendre en compte la charge accusatoire que le terme « profané » accolait de facto au mouvement de protestation au regard de l’acte antisémite qui lui était concomitant et avec lequel elle n’avait aucun rapport établi, gommant le sens figuré et symbolique qu’il entendait lui donner.
Début avril, 49 plaintes étaient en traitement au CDJ.

