Skip to main content

Actualité

Réunion de janvier au CDJ : 3 plaintes non fondées (RTBF (Auvio, Vivacité, YouTube) ; RTBF (#Investigation) ; Médor)

Le Conseil de déontologie journalistique (CDJ), réuni pour la première fois dans sa composition 2026-2029, a rendu trois décisions sur plainte lors de sa réunion de janvier. Jugées non fondées, ces plaintes portaient respectivement sur un podcast (RTBF), un reportage télévisé (RTBF) et un article (Médor) qui, tous trois, enquêtaient sur le séminaire de développement personnel « Les Clés du Succès » proposé par la société Es Sense.

La première plainte, déclarée non fondée (25-05 Es Sense c. M. M. & F. M. / RTBF (Auvio, Vivacité, YouTube)), visait les six épisodes d’un podcast consacré au séminaire précité et intitulé « Le piège : dans les coulisses du développement personnel ». La partie plaignante reprochait aux journalistes de la dénigrer en adoptant une ligne éditoriale « à charge », de généraliser quelques témoignages négatifs – tout en omettant la grande majorité de témoignages enthousiastes – et de formuler des accusations graves à son encontre (emprise, manipulation, dérives sectaires). Le CDJ a considéré que le podcast résultait d’une enquête sérieuse, richement et correctement sourcée, conforme à la déontologie. Le Conseil a constaté que la thèse des journalistes – selon laquelle les participants, en voulant transformer leur vie, pouvaient tomber dans un système d’emprise – reposait en effet sur de très nombreuses sources dûment vérifiées et recoupées : immersion journalistique au sein dudit séminaire, entretiens avec les deux co-fondateurs, une cinquantaine de participants, une vingtaine d’(ex-)collaborateurs, quatre experts… Il a également relevé que les fondateurs d’Es Sense avaient été sollicités sur l’ensemble des accusations graves portées à leur encontre et que les témoignages – positifs comme négatifs – gardés au montage étaient représentatifs de la matière récoltée et respectaient le sens et l’esprit des propos tenus. Rappelant que ce n’est pas parce qu’une production médiatique est critique qu’elle ne respecte pas la déontologie, le CDJ a également rejeté les autres griefs avancés par la partie plaignante (omissions d’information, confusion faits-opinion, scénarisation, méthodes loyales, protection des sources, etc.).

La deuxième plainte, déclarée non fondée (25-06 Es Sense c. J.-C. A. / RTBF (#Investigation)), concernait une séquence d’« #Investigation » (RTBF) relative au même séminaire, qui s’insérait dans un reportage plus large sur les dérives potentielles de différentes formes de coaching. La plaignante déplorait, entre autres choses, que le journaliste ait fait usage d’un témoignage anonyme dont elle contestait la teneur, mais aussi que le journaliste ait sollicité l’autrice du podcast visé par la plainte 25-05, dont elle mettait en cause l’impartialité. Le CDJ a relevé que le reportage reposait sur une enquête sérieuse et conforme à la déontologie et que les informations diffusées s’appuyaient sur de nombreuses sources dûment vérifiées et recoupées (entretiens, expertises et documents). Il a notamment relevé à leur propos que la journaliste sollicitée au titre d’experte l’était légitimement dès lors qu’elle avait investigué pendant deux années sur le séminaire en cause, et que son intervention, dont elle restait responsable sur le plan déontologique, était conforme à la déontologie au vu de l’analyse que le CDJ avait pu faire de son enquête. Le Conseil a également considéré que l’unique témoignage diffusé dans la séquence était représentatif de la matière récoltée par le journaliste, en ce qu’il soulevait la question de l’emprise, de l’isolement et de l’endettement. Il a enfin souligné que le co-fondateur d’Es Sense avait eu l’occasion d’y réagir et que son point de vue avait été longuement intégré dans le reportage.

La troisième plainte, déclarée non fondée (25-07 Es Sense c. M. M. & F. M. / Médor), avait trait à un article de Médor, basé sur l’enquête réalisée pour le podcast (dossier 25-05) et anglé particulièrement sur les méthodes utilisées dans le séminaire précité. La partie plaignante reprochait aux journalistes de la dénigrer en adoptant une ligne éditoriale « à charge », de généraliser quelques témoignages négatifs – tout en omettant la grande majorité de témoignages enthousiastes – et de formuler des accusations graves à son encontre (« machine à fric », hypnose collective, pratiques à la limite de la légalité, utilisations des peurs et des faiblesses des participants). Le CDJ a considéré que l’enquête était sérieuse, correctement sourcée et conforme à la déontologie. Le Conseil a ainsi relevé que les journalistes avaient – partant d’une immersion au sein dudit séminaire – collecté, vérifié et recoupé de très nombreuses sources (entretiens, expertises et documents) et que le co-fondateur d’Es Sense avait été sollicité sur l’ensemble des accusations graves portées à son encontre dans l’article (ventes forcées et/ou encouragées par l’utilisation de chèques-entreprise, pyramide illégale, etc.). Rappelant que ce n’est pas parce qu’une production médiatique est critique qu’elle ne respecte pas la déontologie, le CDJ a également rejeté les autres griefs avancés par la partie plaignante (omissions d’information, confusion faits-opinion, scénarisation, protection des sources, etc.).

Fin janvier, 52 plaintes étaient en traitement au CDJ. Entre la seconde réunion plénière de décembre 2025 et celle de janvier 2026, 1 plainte s’est soldée par une solution amiable. 18 autres plaintes n’ont pas été retenues, soit parce qu’elles ne répondaient pas aux conditions de recevabilité formelle, soit parce qu’elles n’entraient pas dans le champ d’exercice de la déontologie journalistique, soit parce que l’enjeu déontologique soulevé n’était pas rencontré. Toutes les parties plaignantes en ont été dûment informées.

AADJ & CDJ
Résidence Palace, bloc C
Rue de la Loi 155 bte 103
1040 Bruxelles

tél: 02/280.25.14

Inscrivez-vous à notre newsletter