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Réunion de mars (1) au CDJ : 2 plaintes non fondées (SudInfo, un journaliste)

23 mars 2022

Le Conseil de déontologie journalistique a adopté deux avis sur plainte lors de sa première réunion de mars. Les deux plaintes ont été déclarées non fondées (SudInfo, un journaliste)

La première plainte, déclarée non fondée(21-29 J. Grandy c. sudinfo.be), visait un article en ligne qui rendait compte d’une affaire de pédo-criminalité pendante devant la justice. Le plaignant reprochait à ce bref article de porter atteinte aux droits et à la dignité de la victime, de révéler des données personnelles non pertinentes au regard de l’intérêt général et de s’introduire dans la douleur des personnes concernées par les faits. Le CDJ qui a constaté que le média avait utilisé un prénom d’emprunt pour éviter de rendre la fillette identifiable, a observé que les éléments de vie privée évoqués dans l’article et révélés en audience publique participaient de la relation des faits judiciaires pour lesquels le père était poursuivi et qu’ils n’excédaient pas ce qui était nécessaire à leur compréhension. Il a relevé plus particulièrement que les propos cités dans le titre de l’article (‘‘C’est une prostituée’’), aisément identifiables par les guillemets et clairement attribués au père, étaient pertinents en contexte en ce qu’ils montraient la manière dont l’homme justifiait ses actes et en rejetait la responsabilité sur sa fille. Le Conseil a relevé dans ce cadre que l’atteinte à la dignité de l’enfant était inhérente aux propos tenus par le père, pas à leur publication.

La deuxième plainte, déclarée non fondée (21-33 H. Simonis c. F. Deborsu (Facebook)), visait un post publié sur la page Facebook personnelle de F. Deborsu, dans lequel le journaliste dénonçait le refus d’une tranche de la population de se faire vacciner contre la COVID-19. Le plaignant reprochait au journaliste d’utiliser son statut – qui était mentionné sur son profil – pour culpabiliser une partie de la population, et de se faire l’écho de positions qui reposaient sur des informations contestées. Rappelant que l’expression d’opinions, de critiques ou d’humeurs sur des faits d’actualité est libre et légitime dans le chef des journalistes, le CDJ a observé que le post relevait selon toute apparence du registre de l’opinion – publication sur la page Facebook personnelle du journaliste, expression à la première personne du singulier, passages du texte et termes utilisés tenant explicitement du registre de l’opinion personnelle – et qu’aucune confusion n’était donc possible entre cette opinion personnelle et les faits à propos desquels elle s’exprimait. Il a constaté également que les éléments que le journaliste citait dans son post à l’appui de son analyse étaient avérés au moment de sa rédaction, et que le journaliste ne niait à aucun moment le libre choix de chacun en matière vaccinale, mais marquait son incompréhension devant la manière dont le refus était justifié par certains.

Mi-mars, 37 plaintes étaient en traitement au Conseil de déontologie journalistique.

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