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Communiqué de presse

Le CDJ balise l’identification des personnes dans les médias

La principale nouveauté de l’année 2014 au Conseil de déontologie journalistique, rendue publique ce 2 avril, est l’adoption en décembre d’une directive destinée aux journalistes sur l’identification des personnes dans les médias. Pour le CDJ, l’identification d’une personne physique ne doit avoir lieu que dans certaines circonstances : lorsque la personne y consent, lorsque l’intérêt général le demande, lorsqu’une autorité publique diffuse l’identité et lorsqu’il s’agit d’une personnalité publique dans son rôle public. Une attention particulière est nécessaire pour les mineurs.

Cette question de l’identification se pose depuis longtemps. Elle conditionne notamment d’autres
enjeux comme le respect de la vie privée et le droit à l’image. Le CDJ en a soupesé tous les aspects avant d’édicter cette norme déontologique. Il peut désormais se baser sur une jurisprudence de cinq ans, d’ailleurs résumée dans le Carnet de la déontologie qui présente la directive. Les journalistes y trouveront aussi quelques points de repère auxquels être attentifs, comme le fait de vérifier si les proches d’une victime sont avertis avant de diffuser son nom.

Deux tiers des plaintes fondées

Outre son rôle normatif consistant à faire évoluer les règles déontologiques, le CDJ traite aussi les plaintes qu’il reçoit contre des contenus ou des pratiques journalistiques. Le nombre de plaintes est resté stable en 2014 (53 dossiers ouverts contre 54 l’année précédente) mais une évolution significative y apparaît : l’augmentation du nombre de plaintes déclarées fondées. C’est le cas dans 67 % des avis du CDJ rendus en 2014, contre une moyenne de 38 % années antérieures. Les principales fautes constatées sont des défauts dans la recherche et le respect de la vérité ainsi que des atteintes aux droits à l’image et à la vie privée.
La presse écrite quotidienne est la principale visée par les plaintes : 29 dossiers sur 53 la concernent, soit 55% (+ 5 % par rapport à 2013). Viennent ensuite la télévision (17 % ; – 2%), la presse en ligne (15% ; – 4%) et la presse écrite périodique (7 % ; =).

Un lieu de conseil plus que de sanction

En 2014, plus encore que précédemment, le Conseil de déontologie a joué un rôle de conseiller pour les médias. Son secrétaire général dit ne plus compter le nombre de courriels ou de coups de téléphone de journalistes, de rédacteurs en chef, de chefs d’éditions… qui l’interrogent sur les bonnes pratiques à mettre en œuvre dans des situations concrètes. Une évolution qui témoigne, selon le CDJ, d’une volonté largement partagée dans les médias de respecter la déontologie même dans les conditions de concurrence.
Régulièrement, pourtant, la question du « pouvoir de sanction » du CDJ revient sur le tapis. Le Conseil dispose d’une autorité morale que l’ensemble des médias membres vient de renforcer en s’engageant à communiquer à leur public, en ligne, les avis par lesquels le CDJ constate des manquements à la déontologie. Cet engagement est entré en vigueur ce 27 mars 2015.

Rebondir sur l’actualité

Le Conseil de déontologie est en permanence soucieux de réagir aux interpellations que l’actualité lance aux médias. Il vient de finaliser une position sur une nouvelle pratique publicitaire en œuvre sur de nombreux sites de médias, le native advertising. Sous des dehors novateurs, cette pratique reste de la publicité, précise le CDJ. Son intégration dans les contenus journalistiques n’est pas acceptable, déontologiquement.
Deux autres chantiers sont actuellement ouverts. D’abord, l’élaboration de balises pour aider les rédactions dans la couverture en urgence de situations comme celle née des attentats de janvier à Paris. Ensuite, un travail sur l’application de la déontologie à l’information sur les processus judiciaires en cours. Enfin, le CDJ a un nouveau site web, plus clair : www.lecdj.be .

AADJ & CDJ
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