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Actualité

Rapport annuel 2025 : une année (à nouveau) record sous tension

2025 aura à nouveau pulvérisé les statistiques (déjà record) de l’année précédente. Avec 243 plaintes pour 1.022 parties plaignantes – contre 183 plaintes pour 342 personnes en 2024 – et 90 dossiers ouverts (contre 54), l’année écoulée n’aura pas été de tout repos pour le CDJ ! Si les efforts en communication (campagne TV et radio, podcast de vulgarisation, présence accrue sur LinkedIn…) expliquent en partie la notoriété grandissante des missions du Conseil, force est de constater que l’autorégulation journalistique s’est invitée malgré elle dans un débat public de plus en plus polarisé, avec d’un côté des campagnes sur les réseaux sociaux invitant à déposer plainte, et de l’autre des mises en cause publiques du travail journalistique. Face aux pressions et parfois même la censure, tant le CDJ que son association faîtière, l’AADJ, ont pris position. Parce que l’autorégulation a aussi pour objectif de protéger la liberté de la presse et d’assurer au public son droit à l’information.

Entre 2023 et 2025, 83% de plaintes supplémentaires

Si les demandes d’information (132 contre 130 en 2024) restent particulièrement stables et proviennent en majorité (42%) des rédactions, le nombre de plaintes est du jamais vu depuis la création du CDJ en 2009 : 243 saisines pour 1.022 personnes, dont 336 pour un seul dossier… Soit un bond de 33% entre 2024 et 2025, et de 83% (!) de 2023 à 2025. Plusieurs phénomènes conjoints peuvent l’expliquer, notamment : la polarisation autour de questions de politique nationale ou internationale ; des campagnes sur les réseaux sociaux invitant à déposer plainte (une démarche qui, soulignons-le, ne change rien au traitement rigoureux des dossiers) ; des mises en cause publiques du travail journalistique…

Dans la tendance des années précédentes, 60% des plaintes entrantes ont fait l’objet d’un classement pour irrecevabilité (32% sur la forme et 28% sur le fond). En raison de l’augmentation considérable du nombre de plaintes, 90 dossiers ont été ouverts – contre une cinquantaine entre 2022 et 2024. Seulement 20% des dossiers ont été refermés en médiation : cette régression (le taux atteignait 38% l’année dernière) s’explique par une crispation de plus en plus grande des parties… On notera toutefois que début 2026, 5 plaintes de 2025 étaient encore dans la phase de recherche d’une solution amiable.

Plaintes (non) fondées : retour à l’équilibre 50-50

Au terme de l’année, 51 dossiers restaient ouverts (dont 22 avaient été introduits en novembre-décembre), contre 18 en 2024 et 25 en 2023. Au total, 31 décisions ont été rendues en 2025 (contre 37 en 2024) en 14 réunions. Avec 55% de plaintes fondées, le retour à l’équilibre 50-50 – bouleversé en 2023 – se confirme. À ces 31 décisions s’ajoutent 4 avis généraux : 2 sur la nature informationnelle d’un média, 2 sur des pratiques journalistiques. Une 32ème décision a, pour la première fois de l’histoire du CDJ, fait l’objet d’une demande de réexamen ! Cette procédure exceptionnelle, tranchée début 2026, explique en partie l’allongement de la durée moyenne de traitement des dossiers (254 jours contre 149 en 2024).

Précisons encore que comme l’an dernier, 70% des parties plaignantes avaient un « intérêt direct à agir » (en étant directement concernées par la production qu’elles mettaient en cause). 40% des plaintes visaient des contenus déclinés en ligne, 28% des contenus TV, 14% des contenus papier, 9% des contenus radio et 9% des contenus publiés sur les réseaux sociaux. Les griefs examinés dans les dossiers ouverts portent principalement sur l’axe premier du Code de déontologie, à savoir la recherche et le respect de la vérité. 2025 voit aussi le retour des griefs en matière d’incitation à la discrimination, au racisme, à la xénophobie et de stéréotypes/généralisations/exagérations/ stigmatisations.

« Déontologix »

Au-delà des outils « traditionnels » de communication et du développement de la page LinkedIn de l’instance, le CDJ a diffusé de septembre à décembre 2025 les 6 épisodes du podcast « Déontologix », destiné principalement aux étudiants en journalisme et réalisé avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Outre la diffusion en ligne sur les plateformes habituelles et le site du CDJ, la série a été relayée par les membres de l’instance. Également dans la continuité de l’action de la « marque » CDJ – élargie en 2025 à la « marque » RBJ pour la Communauté germanophone –, la campagne radio et TV de notoriété a été rediffusée au mois d’octobre.

Dans le courant de l’été, le CDJ est également devenu le curateur principal de la revue de presse « Journalisme et déontologie » développée par le CDJM français dans le cadre du projet « Media Councils in the Digital Age ». Cet outil de curation offre un suivi de qualité aux meilleures ressources en ligne sur les enjeux du journalisme, de la déontologie et de l’autorégulation journalistique à l’ère numérique.

CSEM, AIPCE, Cameroun Média+… Le CDJ s’exporte !

Outre le fait qu’il a rejoint officiellement le nouveau Conseil supérieur de l’éducation aux médias (CSEM), le CDJ a participé à la conférence annuelle de l’Alliance des conseils de presse indépendants d’Europe (AIPCE) au Monténégro et pris part au projet « Cameroun Média+ », aux côtés notamment de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Les discussions ont permis de poser les premières bases du futur Conseil d’Éthique et de Déontologie des Journalistes du Cameroun (CEDEJ).

« Stop censure »

Lieu unique de rencontre entre médias et journalistes, l’AADJ a constitué en 2025 des groupes de travail au sein du secteur afin de mettre en œuvre, à moyen et long terme, les pistes d’action qui permettraient de répondre préventivement et durablement aux tentatives de censure et aux attaques portées à l’encontre des journalistes et des médias (mécanismes de solidarité entre médias, changements législatifs…). Renouvelé en juillet dernier pour une période de quatre ans, le conseil d’administration de l’AADJ est désormais présidé par Kim Beyns, membre « éditeur » et CEO des radios NGroup. La première mission du CA consistait à désigner les membres du nouveau Conseil de déontologie journalistique pour la période 2026-2029.

Face aux diverses pressions que subit de plein fouet la profession, le CDJ s’est pour sa part exprimé sur plusieurs enjeux de taille : l’indispensable liberté rédactionnelle présidant aux débats (électoraux ou non) ; l’instrumentalisation du droit de réplique comme outil de censure préalable ; l’articulation des responsabilités respectives des éditeurs et des rédactions. En marge de ses décisions, le Conseil a également rappelé à plusieurs reprises – dans les dossiers Boukè, « Les 48h des bourgmestres » et « Dans ma commune » – le principe d’indépendance et dénoncé les atteintes à la liberté de la presse. Soulignons encore que par un arrêt rendu le 15 avril 2025, le Conseil d’État a conforté l’interprétation du CDJ de l’articulation de ses compétences avec celles du CSA.


Le rapport annuel 2025

Le comparatif des plaintes 2024-2025

Les chiffres clés de 2025

AADJ & CDJ
Résidence Palace, bloc C
Rue de la Loi 155 bte 103
1040 Bruxelles

tél: 02/280.25.14

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